Partage de l'énergie
20.07.2026 – énergie
Pour utiliser son excédent de production solaire, il est possible de le partager. Notre dossier vous guide pour trouver le modèle qui vous convient.

Solutions de partage de l'énergie

Dans notre pays baigné de soleil, chacun peut installer des panneaux photovoltaïques sur son bâtiment : la démarche est soutenue par des subventions et les oppositions sont rares. Entre 2010 et 2024, la production solaire en Suisse a ainsi été multipliée par… 63 ! Un véritable succès pour la Confédération et ses mesures d’encouragement. Ce d’autant que notre pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050. 

Mieux rentabiliser sa production solaire 

Mais la médaille a son revers. « À certaines périodes de l’année, particulièrement en été, la production d’électricité en Suisse dépasse la demande. Donc les prix de reprise chutent, et la rentabilité des installations est moins intéressante pour les propriétaires, explique Alain Neuwerth, responsable du département Commerce et marketing chez Genedis. Dans ce contexte, partager son énergie est l'une des solutions proposées. » Le vendeur obtient un rendement plus élevé qu’en injec ant son électricité dans le réseau, et l’acheteur l’obtient à un prix plus bas qu’en l’achetant au gestionnaire de réseau de distribution (GRD). Le système permet par la même occasion de soulager le réseau de distribution, et peut, selon le modèle de partage, libérer les consommateurs du paiement du transport et des taxes.

Depuis 2018, des modèles de partage 

Pour favoriser ce partage, la loi sur l’électricité propose, depuis 2018, différents dispositifs : la communauté d’autoconsommation (CA) et le regroupement pour la consommation propre (RCP). Deux autres sont encore arrivés en janvier 2025 et janvier 2026 : le regroupement virtuel (RCPv) et la communauté électrique locale (CEL). Tous ces modèles sont de plus en plus flexibles, au fur et à mesure de l’installation généralisée de compteurs intelligents (smart meters). 

Stocker ou partager, une nécessité 

Face à toute cette complexité, ne rien faire et garder son énergie n’est-elle pas la meilleure option ? « Ce serait dommage, réagit Alain Neuwerth. Même en appliquant toutes les bonnes pratiques, le propriétaire d’une villa qui produirait 10 000 kWh, soit environ 45 m2 de panneaux solaires, autoconsomme généralement environ 30% soit 3 500 kWh, le reste est réinjecté dans le réseau. Or, avec l’application du tarif de reprise de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), les prix durant les 2e et 3e trimestres sont très bas, voire négatifs durant les week-ends, et c’est précisément durant cette période que la majeure partie de la production est réalisée – et donc de la réinjection. Une batterie permet de stocker, mais pour la rentabiliser, il faut pouvoir la décharger durant les nuits d’été. » Le partage offre donc une option simple et sans investissement. 

Quel modèle choisir? 

Comment s’y retrouver parmi tous les modèles proposés ? Deux principaux éléments les différencient. Il y a d’abord le périmètre géographique du partage : soit les participants sont reliés à la même armoire de quartier, et ils ne paient pas l’utilisation du réseau ni les taxes, soit ils sont plus éloignés géographiquement (mais toujours sur la même commune), et ils devront s’acquitter de ces frais avec une déduction sur l’utilisation du réseau. Pour pouvoir partager au-delà du même bâtiment, il faut disposer de compteurs intelligents (smart meters), on parle alors de modèle virtuel. 

Il y a ensuite le type de partage. Lors qu’on parle de communauté, cela implique que chaque consommateur a son compteur intelligent personnel, et garde une relation commerciale directe avec son GRD, Genedis pour vous. À l’inverse, dans un regroupement, les habitants ne constituent, ensemble, plus qu’un seul client aux yeux du GRD, et leurs compteurs servent uniquement à la répartition interne des coûts. Ce modèle implique d’avoir un représentant du regroupement ainsi qu’un prestataire réalisant le comptage et la facturation des membres et de l’investisseur solaire.

Soulager les propriétaires pour maintenir l’élan solaire 

« Chez Genedis, nous nous engageons pleinement dans l’accompagnement du partage, précise Alain Neuwerth. La plupart de ces modèles impliquent des connaissances et des ressources techniques et administratives. Sans compter les responsabilités liées aux membres qui ne paieraient pas leur facture. Prendre en charge tous ces aspects, c’est faciliter le partage de l’énergie, maintenir l’essor de l’énergie solaire, et donc contribuer à la nécessaire transition énergétique. » 

Communauté à l’échelle communale 

Depuis le 1er janvier 2026, les collectivités publiques et les industriels bénéficient d’un nouveau modèle : la communauté électrique locale (CEL). Celui-ci permet de partager son énergie à l’échelle d’une commune. « C’est idéal pour les collectivités qui ont, par exemple, une centrale solaire sur le toit de leur école ou de leur salle polyvalente, et qui souhaitent la distribuer sur leur STEP qui est un gros consommateur. » Les propriétaires de halles industrielles ou les entreprises multisites y trouvent aussi leur compte. Des rabais sont prévus par la loi pour l’utilisation du réseau à l’interne de la zone d’échange : 40%/kWh si la communauté se situe sur le même niveau de tension (pas de passage dans une station transformatrice) et 20%/kWh dans le cas contraire.

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Infographie partage de l'énergie

Modèles de partage de l'énergie 

Le périmètre géographique et le mode de comptage différencient les modèles.